James Oliver Curwood vous parle

22 novembre 2008

Je continue ma lecture du livre de François TERRASSON qui s’intitule “En finir avec la Nature” (Edition : Sang de la Terre ; ISBN : 978-2-86985-187-0), dont je vous ai précédemment recopié un chapitre : Claustropsychologie dynamique.

Je ne peux résister à la tentation de vous faire partager le suivant :

JAMES OLIVER CURWOOD VOUS PARLE

“Je regrette beaucoup d’avoir écrit mes romans du GRAND NORD avant l’arrivée de la PROTECTION DE LA NATURE. Toute cette immense forêt que j’ai tant aimée est maintenant prise en main avec sollicitude par les administrations.

Rappelez-vous vos bibliothèques d’école. J’ai écrit Kazan, nomades du nord, La vallée du silence, Le bout du fleuve, Le piège d’or…

Alors j’ai décidé de vous envoyer d’outre-tombe un petit message, un exemple de la façon dont mes héros auraient vécu l’immensité nordique s’ils avaient voyagé de nos jours.

Je ne vous écris qu’une ou deux pages, je crois que ça suffira, parce que, en réalité, ça me fait un drôle d’effet à chaque fois que mon esprit revient se poser sur les anciens parcours.

Et puis, n’oublions pas mon frère Jack London. Dans les étranges territoires où nous chassons maintenant, nos âmes se rejoignent et s’accompagnent. Si bien que mon évocation d’aujourd’hui lui appartiendra autant qu’à moi.”

C’est un de ses personnages favoris, Smoke Bellew, hein, n’est-ce pas, devenu chez nous, Belliou-la-Fumée.

Belliou avait eu de la chance. Il avait tiré un des rares bons numéros à la loterie de septembre, et se trouvait de ce fait parmi les quelques personnes autorisées à entrer dans ce territoire montagneux. Pour arriver à Savage River, peu après avoir quitté son ami Le Courtaud, il avait parcouru les vingt-trois kilomètres autorisés sans visa même à l’intérieur du parc, grâce à l’obligeance d’une famille de touristes dont la conversation avait permis de ne point trop s’effrayer d’entrer dans les grands bois.

Après un autre trajet dans les bus obligatoires, il avait dû montrer son permis spécial de passage individuel à un Ranger soupçonneux, qui avait épluché sa feuille de route décrivant l’itinéraire, les lieux où il comptait dormir, et mentionnait ses endroits et heures d’arrivée.

Belliou était heureux. Il se sentait protégé. Le Ranger lui remit le dépliant “CONSEIL EN CAS D’OURS”, et lui rappela le montant des amendes dans l’éventualité où il piétinerait un Louftingobion suprevibrans aux belles fleurs violettes.

Une fois seul, un peu perplexe, il sortit de la poche arrière de son pantalon de marque “Ecolo Creek” la “liste des quatre-vingt-dix activités possibles en forêt”, se demandant comment choisir.

Puis il prit la direction de l’est, parce que tout de même, ce qu’il cherchait s’était l’or. Vaguement culpabilisé, parce que ce genre de quête n’était pas mentionné dans son guide, Belliou ne pouvait tout de même pas s’empêcher de se souvenir des pépites du “LAC SURPRISE” et des rêves fous qui allaient avec.

Il avait loué son canoë au poste de Rangers plutôt qu’un VTT. Vieil atavisme de coureur de bois. Aucun danger. La première pancarte venait d’apparaître. Rapide de classe 3 à 180 m. Portage (difficultés moyennes). Durée douze minutes.

Puis un rappel : “Dernier point pour débarquer avant rapide”. Il débarqua.

Au moment de charger son bateau sur ses épaules il aperçut un nouveau panneau qui lui indiquait où se poster pour photographier le rapide. La petite boîte jaune fluo à couvercle amovible transparent qui se trouvait sous la pancarte contenait un feuillet cartonné donnant les conseils d’ouverture de diaphragme en fonction de la saison, de l’heure de la journée et de la météo.

Il pensa alors que c’était bien vrai qu’il se trouvait comme lui avait dit le garde dans “le plus grand asile de Nature du Nord”. C’est ainsi qu’il avança toute la journée sur le fleuve, jusqu’à ce qu’une grande banderole déployée en travers lui intime l’ordre de bivouaquer pour la nuit. Il était arrivé à Gogo Point où un musée de la vie ancienne des trappeurs proposait des cabanes comme logement. “Enfin !” se dit Belliou qui avait gardé du siècle précédent quelque goût pour le rustique. Il eut même droit pendant son dessert à une projection gratuite d’une vidéo évoquant la vie des premiers coureur de bois.

C’est ainsi qu’au pied d’une cascade, couronnée de noires épinettes1 et s’écrasant dans un lac bouillonnant, il vit un drôle de type près d’un canot en écorce, échoué sur un rivage dépourvu de constructions, de banderoles et de rangers. Avec assis à côté de l’homme, un chien qui lui semblait d’aspect familier.

Sa cuillerée de gélatine aromatisée chimique en resta levée sans aller jusqu’à sa bouche. Il venait de reconnaître Miki…Miki, son propre chien, et ce gars-là, au bord de l’eau sans permis, sans itinéraire et sans billet de loterie, eh bien oui, c’était lui, Belliou, Belliou-la-Fumée, enfermé dans les pistes magnétiques du divertisseur pour touristes.

C’est alors qu’il se santit glisser, glisser… Le bruit de la cascade s’enflait comme in tonnerre ! Il y eut un clac, et ça y est…, il y était ! La cascade, les épinettes… il tâta sa poche arrière… Le dépliant pro-anti-ours avait disparu !

Le chien le regardait, un peu effaré.

“J’ai dormi, mon vieux Miki, fit Belliou. Mais j’espère que je ne referai jamais un cauchemar comme ça !”

1 : épicéas.

% commentaires

  1. Tozai Trek » Tateyama – Bessan à dit :

    [...] (雷鳥平). Pas le temps de monter, mais suffisamment de temps à tuer pour décider de se construire un dôme de neige plutôt que de monter la tente. Deux heures plus tard, à la tombée de la nuit, notre petit nid [...]

  2. kuro à dit :

    面白い視点での編集ですね! 次の映像が事前に見えるというのは目からウロコでした。
    後半のサイト紹介も、短時間にサイトの魅力を伝えられますね。静的なサイトマップでは伝えられないものが伝えられていると感じました。

    ここのブログには検索でたどり着きました。取り上げていらしたスリップストリームジャパンのHPがリニューアルしました。
    http://slipstream.jp/home.html
    私はここのスタッフではないのですが、動画の制作を担当したので、何となく世間の評判が気になっています。
    http://www.youtube.com/watch?v=UKjFUtQSB2c
    動画ということでこの記事に思わず反応してしまいした。

  3. Anonyme à dit :

    この冬手に入れた極上ダウン。厳冬期のテント泊、アイスクライミング(定着ビレイ時に最高!)で重宝してます。問題は、とはいえ重いのと、あまりに気に入りすぎて雑に扱えないこと(^^;。行く場所によってユニクロダウンと使い分けたりして。

  4. ボーカ[...] à dit :

    フランスの山脈のことがよくわかりました

  5. Tozai Trek » Tateyama – Bessan à dit :

    [...] (雷鳥平). Pas le temps de monter, mais suffisamment de temps à tuer pour décider de se construire un dôme de neige plutôt que de monter la tente. Deux heures plus tard, à la tombée de la nuit, notre petit nid [...]

  6. kuro à dit :

    面白い視点での編集ですね! 次の映像が事前に見えるというのは目からウロコでした。
    後半のサイト紹介も、短時間にサイトの魅力を伝えられますね。静的なサイトマップでは伝えられないものが伝えられていると感じました。

    ここのブログには検索でたどり着きました。取り上げていらしたスリップストリームジャパンのHPがリニューアルしました。
    http://slipstream.jp/home.html
    私はここのスタッフではないのですが、動画の制作を担当したので、何となく世間の評判が気になっています。
    http://www.youtube.com/watch?v=UKjFUtQSB2c
    動画ということでこの記事に思わず反応してしまいした。

  7. Anonyme à dit :

    この冬手に入れた極上ダウン。厳冬期のテント泊、アイスクライミング(定着ビレイ時に最高!)で重宝してます。問題は、とはいえ重いのと、あまりに気に入りすぎて雑に扱えないこと(^^;。行く場所によってユニクロダウンと使い分けたりして。

  8. ボーカ[...] à dit :

    フランスの山脈のことがよくわかりました