Mare è Monti
2 mai 2009J’ai passé 13 jours en Corse, en repérage, avec pour objectif d’y proposer ensuite des séjours randonnée pour ma clientèle japonaise. Il était bien trop tôt pour faire le GR20 dont les sommets étaient encore chargés de neige. C’était par contre la période idéale pour parcourir le Mare è Monti. Plus proche du type de séjour que je souhaite organiser, il permet de découvrir en plus de la montagne, la côte et les villages Corse. Je n’ai cependant pas pu m’empêcher de modifier l’itinéraire ; je trouve en effet dommage que le sentier contourne les Calanques de Piana, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Voici l’itinéraire effectué en 8 jours :
J1 : Cargèse – E Case
J2 : E-Case – Piana
J3 : Piana – Capu d’Orto – Porto – Ota
J4 : Ota – Serriera – Curzu
J5 : Curzu – Girolata
J6 : Girolata – Galéria – Tuvarelli
J7 : Tuvarelli – Bonifatu
J8 : Bonifatu – Calenzana – Calvi
Note : Le tracé rouge est celui du Mare è Monti classique. Le fichiers GPX pour GPS de ce tracé est disponible ici . Merci de lire l’avertissement avant d’utiliser les fichiers GPX
Quelques conseils concernant cet itinéraire :
- Si le sentier entre E Case et Piana est indiqué sur la carte, probablement très peu fréquenté, il n’est pas très marqué sur le terrain et les cairns sont très espacés. Savoir lire une carte et utiliser une boussole est indispensable.
- Pour éviter de marcher sur la route, le troisième jour il faut aller directement à Ota depuis le Capu d’Orto. Repérage oblige je devais pour ma part passer par Porto.
- Je conseille de réduire l’étape entre Girolata et Curzu en passant par la variante qui passe à Bocca a Croce car si les vues sont belles depuis les crêtes elles changent peu de celles de l’étape précédente et de la suivante. Par contre cela permet de réduire la randonnée d’une journée en faisant Serriera-Girolata en une étape. L’intérêt de la variante (surtout pour ceux qui viennent de Curzu car on y arrive en fin de journée) est de profiter d’un petit coin de paradis : la plage de Cala di Tuara, déserte, dans une petite crique isolée avec une eau limpide… Ne compter pas trop profiter de celle de Girolata, décevante et loin de ce que l’on attend de la plage d’un village inaccessible par la route !
- La poste de Galéria, est le seul endroit où il est possible retirer de l’argent sur le parcours. Il n’y a pas de DAB, vous devez aller au guichet (vérifier les horaires d’ouverture). Dans tous les cas prévoyez suffisamment d’espèces.
Récit:
Arrivé à Cargèse en début d’après-midi, je profite que la première étape soit courte pour visiter le village dont les églises Catholique et Orthodoxe (Grecque) qui se font face témoignes de son histoire multiculturelle. Puis c’est le départ pour sept jour et demi de marche, de découvertes, de vues imprenables sur les sommets et la côte Corse, de petits villages perdus au charme inégalable… Cette demi-journée en donne un aperçu avant d’arriver au refuge de E Case, seule maison encore debout d’un hameau habité jusque dans les années 1950 et dont les ruines sont encore visibles parmi la végétation.
L’accueil que j’y reçois sera le plus chaleureux de tout mon séjour. Ayant appelé le gardien la semaine précédente pour confirmer qu’il était possible de camper à proximité du refuge, il a fait le déplacement spécialement pour moi (je serai le seul randonneur ce soir là) pour m’ouvrir la porte des douches avant de redescendre dans la vallée terminer sa journée de travail d’apiculteur. Le temps étant instable, il m’a même laissé la cuisine ouverte pour que je mage au sec!
Depuis E Case, l’itinéraire chemine vers Marignana. Pour ma part je décide de quitter le Mare è Monti que je viens à peine de commencer pour me rendre à Piana et y parcourir les Calanques. Je ne le regretterai pas; ça sera la plus belle partie du raid et cela même si les quelques trouées dans les nuages très bas, au travers desquels je chemine, ne font que me suggérer la splendeur des paysages. Le charme de cet itinéraire réside aussi dans le sentier. Bien indiqué sur la carte, sur le terrain il consiste en une simple succession de cairns tellement espacés qu’ils en sont presque inutiles et lui donne une véritable ambiance montagne. La journée sera récompensée par la visite de Piana dont les vues sur les Calanques lui valent de faire partie des plus beaux villages de France.
Le lendemain, changement de programme. La météo dégagée me pousse à monter jusqu’au Capu d’Orto pour admirer les paysages que je n’ai pu qu’entrevoir la veille. Encore une fois je ne regrette pas mon détour. Côté mer, la vue embrasse Piana et ses Calanques, la baie de Porto et la réserve de Scandola. Côté terre, c’est toute la montagne Corse qui s’offre au regard avec notamment les sommets du GR20. Repérage oblige, je retourne dans les Calanques pour y arpenter d’autres sentiers pour ensuite aller découvrir Porto. Il n’existe pas de sentier côtier entre Piana et Porto et d’autre choix que de marcher le long de la route. Dans l’optique d’une randonnée, je vous conseille de rejoindre directement Ota depuis le Capu d’Orto.
Le départ d’Ota est matinal. Je projette de faire deux étapes en une et rallier Curzu dans la journée. Le sentier serpente dans les gorges de Vitrone et c’est en suivant les variations de teintes des roches rouges du Capu d’Orto, sous les effets d’éclairage du soleil levant, que je chemine. Depuis le Capu San Petru c’est à nouveau un magnifique panorama sur la baie de Porto et le Capu d’Orto que je contemple avant de descendre sur Serriera. Arrivé au village à 11h30 je ravitaille à l’épicerie du bar avant de repartir pour Curzu. Le sentier entre les deux villages, moins montagne et plus champêtre, avec de jolies vues sur les sommets avoisinants, n’en est pas pour autant moins intéressant.
Après avoir enchainé des journées d’environ 9h de marche les trois derniers jours, l’étape entre Curzu et Girolata me permet de me reposer. Je croise pour la première fois des randonneurs. Mais pas plus ce jour-ci que les suivants je ne rencontre de personne qui marche dans le même sens. Il semble que je sois le seul à faire le Mare è Monti dans le sens contraire du topo de la FFRP. Comme indiqué dans les remarques, cette partie de l’itinéraire n’apporte pas grand-chose de plus que les autres étapes. Si c’était à refaire, quitte à me reposer, j’emprunterai la variante pour profiter de la plage isolée de Cala di Tuara car arrivé à Girolata, c’est la déception. Mis à part les algues desséchées qui charriées par la mer recouvrent la plage, elle est aussi parsemée de détritus ! Aménagée de pontons, des bateaux y déposent régulièrement des vagues de touristes qui repartent au bout d’une demi-heure. On est loin de l’image reculée et préservée que j’avais d’un village inaccessible par la route. L’endroit à quand même un charme indéniable et l’étape y est agréable.
Le départ de Girolata est à nouveau matinal car je projette une nouvelle fois de doubler l’étape et rallier ainsi TuvarelliBocca di Fuata pour ensuite profiter des paysages sur le sentier qui parcourt la crête jusqu’au sommet de la Punta di a Literniccia. En milieu de descente sur Galéria je croise les premiers randonneurs qui commencent leur journée. J’arrive avant midi à Galéria où je fais le plein de vivres pour le reste du parcours. Après le déjeuné sur la plage, je reprends ma marche pour rallier Tuvarelli. Entre piste forestière et route bitumée, l’itinéraire est absolument inintéressant jusqu’au pont ancien de Ponte Vecchiu. Le changement est radical ! Le sentier chemine le long de la rivière dont l’eau absolument claire invite à se baigner dans les nombreuses vasques. dans la journée. Je monte rapidement au col de
Depuis Tuvarelli plus on s’approche de Bonifatu et des sommets du GR20, plus on retrouve un environnement montagne. Depuis le col de Bocca di Bonassa, je quitte le sentier pour aller faire un “sommet” dont j’ai repéré un passage depuis le bas. Engagé dans le passage en question, preuve que la logique montagnarde est partout la même, j’y découvre des cairns. Je ne suis pas le premier à avoir eu cette idée et qu’elle est bonne ! Au dessus de la forêt, la vue dégagée est absolument splendide : hauts sommets Corse à l’Est et au Sud, plaine de la Balagne et Calvi au Nord, GalériaCirque de Bonifatu et il me faut redescendre. à l’Ouest. Je regrette même de ne pas avoir poussé plus haut, mais j’ai prévu d’aller au
Je quitte Bonifatu pour la dernière étape du Mare è Monti : direction Calenzana que j’atteins avant midi puis Calvi.
Après 8 jours de randonnée, j’entame alors la deuxième partie de mon séjour en Corse : visite de Calvi, de la Balagne, de sa côte et de ses villages préservés puis direction l’extrême Sud pour visiter Bonifacio et les alentours.
























































































