Tour du Mont-Rose

15 août 2009

Changement de couleur ; après le blanc, le rose. Changement de massif et de décor après trois tours du Mont-Blanc, pour faire la partie italienne (de Breuil-Cervina en Italie à Saas-Fee en Suisse) du tour du Mont-Rose du 7 au 13.

Outre la couleur, ce raid avait une autre particularité : deux des clients étaient sourds. C’était la première fois que je rencontrais des sourds ; l’expérience fut humainement très enrichissante. J’ai dû faire toutes les explications par écrit, ce qui m’a fait réviser les kanjis et cela a été en plus l’occasion d’apprendre quelques signes du langage des signes japonais.

C’était aussi la première fois que je faisais ce raid et j’ai été surpris à plus d’un titre. Tout d’abord, par la flore. Alors que sur le tour du Mont-Blanc la majeure partie des fleurs ont terminé leurs floraisons depuis deux à trois semaines, les mêmes plantes sont ici encore en fleurs. Cela est sans doute dû à l’autre surprise : l’importante quantité de névé encore présents. Voilà un raid qu’il ne vaut mieux pas faire en début de saison.

Les refuges italiens ont ajoutés à la qualité de ce raid. Ils sont vraiment confortables et l’accueil y est toujours chaleureux. Et que dire de la nourriture ; on a mieux mangé dans les refuges que dans les hôtels trois étoiles où nous nous sommes arrêtés ! De la bonne cuisine italienne qui semblait sortir de la marmite de grand-mère. Le plus difficile étant de finir tous les plats.

Beaucoup de premières et de surprises d’un seul coup, pour un raid inoubliable !

Récit

Jour 1:
Si le départ se fait dans le décor très laid la station de ski de Breuil-Cervina avec ce que cela implique de champs de pylônes des remontées mécaniques, de bruit de bulldozers qui remodèlent les pistes en préparation de l’hiver… on profite de vues imprenables sur le versant italien du Cervin. Une fois le col de Cime Bianche franchit, on pénètre dans un univers diamétralement opposé : celui de la montagne sauvage. La descente sur Resy se fait dans une des plus belles et tranquille vallée de ce circuit : le Vallon di Courtod, avec ses lacs, ruisseaux, fleurs sauvages, sous les imposantes falaises calcaires de Cime Bianche et du Mont Roisetta

dans la montée au col de Cime Bianche 2Le Cervinaprès avoir passé le col de Cime Bianche 1après avoir passé le col de Cime Bianche 3arrivée au lac Lagole lac Lagoaprès le lac Lago 2dans le vallon de Courtod 4dans la montée au col Resy 4dans le vallon de Courtod  8

Jour 2:
Le jour suivant, l’itinéraire passe “normalement” par le col de la Bettaforca. Rien qu’à regarder la carte, l’idée de marcher toute la journée sous les télécabines me déprimait. Si c’est pour passer la journée parmi le béton et les câbles, autant faire le tour des boutiques en ville… J’ai donc décidé de faire un détour par le col de Rothorn plus au sud. Bien m’en a pris ! Mis à part une courte traversée des pistes de ski, l’itinéraire est vraiment sauvage et le sentier qui mène au col de toute beauté. Attention cependant, il faut savoir lire la carte. Si l’itinéraire est globalement très bien balisé, il disparait par endroits. Malgré cela je conseille à tous les randonneurs de prendre la variante du col de Rothorn plutôt que celui du col de la Bettaforca. A moins que vous aimiez marcher au milieu des pylônes et du bruit des télécabines (elles fonctionnent aussi en été).

dans la montée au col de Rothorn 4dans la montée au col de rothorn 2dans la montée au col de Rothorn 7dans la montée au col de Rothorn 13dans la montée au col de Rothorn 11descente du col de Rothorn 3

Arrivé en milieu d’après-midi au refuge Gabiet, après avoir emprunté la télécabine depuis Staffal, je suis parti me promener autour du refuge. Mais où mène donc cette petite sente qui se perd au loin dans la montagne ? Sûrement à une vallée enchantée et oubliée. Poussé par la curiosité, sans savoir où j’allais (la carte était restée au refuge), j’ai crapahuté pendant presque deux heures pour arriver à un col (le col Zubé) et du col à un sommet (le Cornet de Rosso, Corno Rosso) au-dessus du col d’Olen. Je pense avoir trouvée là la vallée paradisiaque que les anciennes croyances plaçaient au milieu des glaciers du Mont-Rose et qui a motivée la première expédition vers les sommets du massif en 1778. Je n’y ai pas trouvé comme dans la légende d’arbres fruitiers ni de rivière de lait où de miel, mais le spectacle vaut bien n’importe quel paradis !

Si vous avez le pied montagnard et si les névés, pierriers instables, pentes raides et itinéraires non balisés (le sentier, qui n’en est pas un d’ailleurs, n’apparaît même pas sur la carte) ne vous effraient pas, cet itinéraire est à préférer à celui du col d’Olen (lui aussi sur des pistes de ski) pour rattraper le col Foric et descendre sur Alagna. Si des cairns sont présents, ils sont très clairsemés. Il est donc impératif de savoir lire la carte et être habitué à trouver son chemin hors sentier en montagne.

hors sentier près du col Zube 2hors sentier près du col Zube 4

Jour 3:

Comme il était malheureusement impossible d’emmener les clients sur l’itinéraire repéré la veille, nous avons suivi le sentier classique pour aller au col d’Olen. La première partie de la montée sur les pistes de ski est désagréable ! Que ce soit à la montée où à la descente, les pistes de ski ne sont absolument pas faite pour être empruntée à pied. Leur inclinaison trop forte les rends pénibles à marcher. Cependant, les vues sur les sommets du Mont-Rose et notamment le Liskamm font un peu oublier le décor des pistes. La fin de l’itinéraire les quitte heureusement (les pistes vont jusqu’au col de Camoscio) pour emprunter un sentier qui mène au col d’Olen. Attention à bien ouvrir les yeux pour ne pas rater le marquage indiquant la bifurcation. Arrivé au col, une perle des Alpes attends les randonneurs : le refuge Guglielmina. Ce refuge construit en 1878, était autrefois le plus haut hôtel d’Europe. Avec son style 19e, ses boiseries anciennes, le vieux poêle à bois, les couleurs chaleureuses orangées des murs et la musique jazzy, il a un charme réel. Et la nourriture y est excellente. Cela serait un crime de ne pas y passer et si vous ne pouvez vous y arrêter pour une nuit assurez-vous au moins d’y déjeuner.

arrivée au col d'Olen 2

Jour 4:
Le jour suivant était une journée de repos. Elle fut consacrée à visiter les villages traditionnels Walser autour de Alagna ainsi que le musée pour se rendre ensuite au refuge Pastore. L’occasion pour les clients de découvrir la culture de cette communauté d’origine allemande installée ici depuis environ mille ans.

maisons traditionnelles Walser près d'Alagna 1maisons traditionnelles Walser près d'Alagna 6maisons traditionnelles Walser près d'Alagna 7maisons traditionnelles Walser près d'Alagna 8maisons traditionnelles Walser près d'Alagna 9maisons traditionnelles Walser près d'Alagna 4maisons traditionnelles Walser près d'Alagna 14arriving at Pastore lodge

Jour 5:
Le repos de la veille a fait du bien car la journée avec ses 1200 m de montée au col Turlo et sa longue descente sur Macugnaga fut éprouvante. Nous avons eu tout le temps pour profiter des vastes panoramas sur les sommets du Mont-Rose et sur ceux près du col Moro (l’objectif suivant).

montée au col Turlo 4montée au col Turlo 6montée au col Turlo 10derniers efforts avant d'atteindre le col Turlo 3montée au col Turlo 9névé dans la descente du col Turlopanorama dans la descente du col Turlo 2début de la longue descente à Macugnaga depuis le col Turlo 1dans la descente du col Turlo 1dans la descente du col Turlo 4dans la descente du col Turlo 5

Jour 6:
Encore une journée de repos bien méritée après l’étape de la veille. Nous en profitons pour faire une petite randonnée jusqu’à un belvédère offrant une vue sur les plus hauts sommets du Mont-Rose et la face est de la Pointe Dufour, un mur d’une taille himalayenne de 2470 m, la face la plus haute des Alpes.

à Macugnaga, randonnée sous les sommets du Mont-Rose

Jour 7:
Couac le dernier jour ! Alors que nous devons prendre le téléphérique jusqu’au col Moro pour nous éviter les 1700m de montée, celui-ci ne fonctionne pas à cause d’un accident. Comme un des clients n’est pas capable de faire tout l’itinéraire à pied, nous sommes allés par train et bus jusqu’à Saas-Fee, le terminus de ce raid et en échange de la demi-journée de marche prévue depuis le col Moro, j’ai emmené les clients faire une demi-journée de marche au-dessus de Saas-Fee. Nous n’avons rien perdu au change et pu profiter du panorama sur le cirque de Saas-Fee et les derniers sommets du Mont Rose dont le Dom (le plus haut sommet entièrement en Suisse).

randonnée au dessus de Saas-Fee 2randonnée au dessus de Saas-Fee 3à un point de vue au dessus de Saas-Fee 2

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