caves de la commune de Chichibu interdites

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Les grottes situées dans les forêts préfecturales gérées par le centre de promotion de l’agriculture et de la fôret de Chichibu (Chichibu-nōrin-shinkō center, 秩父農林振興センター) sur la commune de Chichibu (秩父市) dans la préfecture de Saitama (埼玉県), notamment celles d’Ishibunesawa-shōnyūdō (石舟沢鍾乳洞), de Butsusekisan-shōnyūdō (仏石山鍾乳洞) et de Tojūrōsawa-shōnyūdō (藤十郎沢鍾乳洞) sont interdites suite à un accident qui s’est produit en mai sur le sentier d’accès à l’une des grottes. Suite à cet accident, l’unité de secours en montagne a recommandé la fermeture des grottes car elle estime qu’elle ne serait pas à même d’effectuer un secours à l’intérieur des grottes et le centre qui gère ces fôrets s’est plié à ces recommendations.

Pour plus d’informations, consulter la page de la préfecture de Saitama: http://www.pref.saitama.lg.jp/site/ringyo/keneirin.html

Un accident sur le sentier au retour d’une sortie spéléo et on ferme la grotte ?!?! On est bien au Japon ! Je serai la police j’aurai même rendu la route interdite à tout trafic histoire d’être tranquille.

Plus sérieusement, je comprends que l’unité de secours en montagne de la police reconnaisse qu’elle n’a pas les compétences pour faire du secours dans une grotte, mais de là à en interdire l’accès alors que l’accident a eu lieu sur le sentier, il y a un gouffre immense. Les grottes sont certes un milieu très spécifique où le secours peut s’avérer très compliqué du fait de la difficulté d’accès et de l’étroitesse du milieu qui rend tout déplacement pénible, surtout avec du matériel de secours. En France, seul le GRIMP (Groupe de Reconnaissance et d’Intervention en Milieu Périlleux), unité spéciale des sapeurs pompiers, est entrainé à effectuer des secours en spéléo. Malgré cela, du fait de l’hyper spécificité du milieu, la spéléo reste le seul terrain où les secours bénévoles sont prédominants. Cela implique forcément une plus faible réactivité et une lenteur des secours qui peuvent être fatale pour la victime. La situation n’est donc pas tellement différente. Pourtant, à moins qu’elles ne présentent des dangers objectifs imminents – comme un effondrement où un éboulement – les grottes ne sont pas interdites parce qu’il y a eu un accident dans et encore moins lors de l’accès à celles-ci.

Fermer une grotte dans une telle situation n’a à mon avis aucun sens et tient plus de l’hypocrisie que d’un réel soucis de sécurité. Interdit-on les gens à randonner sur une montagne car il y a eu un accident sur un sentier ? La réelle raison ne serait-elle pas simplement économique ? Les randonneurs représentent une manne économique dont on ne saurait se priver alors que les quelques personnes qui pratiquent la spéléologie au Japon ne sont pas « rentables ».

Si l’intérêt réel de la police était la sécurité, ils commenceraient d’abord par s’occuper de la circulation des vélos en ville ; car, en ce qui me concerne, je pense avoir bien plus de chance de me blesser gravement, voir de laisser ma vie sur le bitume à rouler à vélo à Tōkyō qu’à faire de la spéléo équipé du matériel adéquat pour assurer ma sécurité. Si les équipes de secours en montagne n’ont pas les compétences à effectuer du secours en spéléo, ils n’ont qu’à, comme cela se fait ailleurs, faire appel aux spéléogues eux-mêmes. Pas besoin de fermer la grotte. Ils peuvent très bien indiquer aux aventuriers des profondeurs qu’en cas d’accident ils ne seront pas à même de les secourir et qu’ils pénètrent dans les antres de la Terre à leurs risques et périls. Les spéléologues, savent de toute façon qu’ils ne peuvent quasiement s’en remettre qu’à eux mêmes en cas d’accident et continuent leur pratique en connaissance de cause (ce n’est pas pour cela que l’on ne demande pas à être secouru si le secours est possible).

Au final de telles mesures ne font que réduire l’espace de liberté des pratiquants et ne résolvent en rien le problème du secours ; c’est seulement le déplacer. Et comme le disait Helen Keller*, « La sécurité est avant tout une superstition. Elle n’existe pas dans la nature et nos enfants dans leur ensemble n’en font pas l’expérience. Sur le long terme, éviter le danger n’est pas plus sûr que de s’y exposer de face. La vie est une aventure audacieuse ou rien. Tenir bon face au changement et se comporter comme des esprits libres en présence du destin est une force imbattable. »

citation originale d’Helen Keller: « Security is mostly a superstition. It does not exist in nature, nor do the children of men as a whole experience it. Avoiding danger is no safer in the long run than outright exposure. Life is either a daring adventure, or nothing. To keep our faces toward change and behave like free spirits in the presence of fate is strength undefeatable« 

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